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Note :
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Titre : Chi va piano va falot
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Les frontières entre cinéma et vidéo-art sont parfois ténues, et certains artistes oscillent entre les deux genres.
Chantal Akerman est ainsi une vidéaste reconnue, en France par une exposition à la Galerie Nationale du Jeu de Paume avant que celle-ci ne soit dévolue à la photo par un caprice aillagonnesque, et dans le monde par une participation remarquée à la Documenta 11 (Kassel, 2002), la plus importante exposition d'art contemporain.
Son oeuvre cinématographique est moins notable, et si elle a déjà signé bon nombre de film, la plupart sont restés confidentiels, et je ne suis pas certain d'en avoir vu un auparavant.
Son dernier opus pour grand écran, intitulé "Demain on déménage", est sorti sur en France le mercredi 3 mars 2004.
Un piano dans le ciel.
Deux femmes, mère et fille, déménagent, elles s'installent dans leur nouvel appartement, en duplex.
La fille écrit, ou plutôt tente d'écrire, ne parvenant pas à produire l'oeuvre érotique de commande qu'on attend d'elle, peu inspirée par des galipettes qu'elle ne pratique guère.
La mère donne des leçons de piano, et ne se remet pas de la disparition de son mari de quarante ans, gardant précieusement la valise qui contient ses affaires.
Elles ne se font pas à l'appartement.
Le sommeil les fuit, les meubles les encombrent, la fille cherche un studio et l'inspiration. L'évidence s'impose alors, il faut à nouveau déménager.
Les visiteurs vont se succèder dans le duplex, y apportant leurs lubies et leurs histoires, à défaut d'être pressés d'acheter.
Est-ce bien demain qu'on déménagera ?
Chantal Akerman est bien loin ici du vidéo-art.
Ses oeuvres vidéo sont des narrations éclatées, dénuées de paroles, errances visuelles et formelles aux failles du monde.
Elle a ainsi filmé les clandestins tentant de franchir la frontière mexicano-etatsunienne ou les victimes du néocapitalisme russe réduites à la misère des gares.
Les thèmes en sont durs, la forme esthétisante, avec de longs travellings ou des plans fixes, les dispositifs sophistiqués, avec des multiprojections décalées.
L'oeuvre de la vidéaste est formelle et signifiante, sans doute l'une des plus intéressantes du vidéo-art contemporain.
Ici rien de cela.
Le film parle beaucoup, à la limite parfois même du verbeux, les femmes monologuent entre deux dialogues avec les intervenants de passage, sans qu'il ne reste grand chose de toutes ses paroles, souvent bien anodines.
Le thème est fort superficiel, se limitant à de vaudevillesques visites d'appartement, complaisamment étalées, alors que les interrogations un peu plus profondes sont systématiquement élaguées, oubliées à peine évoquées.
La forme est bien quelconque, des plans d'intérieur fort banals, et seuls quelques beaux plans, comme ce piano initial, dénotent l'ambition artistique de Chantal Akerman.
Il est curieux qu'une vidéaste pointue réalise un film aussi antithétique de son oeuvre vidéo...
Et ce n'est guère réussi.
Il y a certes quelques instants drôles, comme un surréaliste dialogue sur le poulet, mais ils sont bien fugitifs, et la comédie ne prend jamais.
Le minimalisme de l'intrigue ne motive guère l'intérêt, et le spectateur se détache bien vite de la pellicule, alignement arbitraire de péripéties vaguement farfelues.
Cela devient même assez vite un peu ennuyeux, car passé l'effet de surprise initial, l'exploitation systématique des mêmes ressorts est quelque peu redondante.
Le spectateur prend son mal en patience, s'amuse de quelques apparitions d'acteur, et attend tranquillement un générique final bienvenu...
L'interprétation est cependant bonne.
Sandrine Testud est la fille.
Elle semble abonnée au genre littéraire, ayant incarné Amélie Nothomb dans "Stupeur et tremblements" d'Alain Corneau en 2003, avant d'être ici écrivaine.
Elle s'en tire fort bien, son côté lunatique collant parfaitement au genre artiste en mal d'inspiration, et le choix de cette actrice me paraît particulièrement judicieux.
Son numéro est réjouis
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Scénario
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Mauvais
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Réalisation
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Moyenne
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Jeu d'acteurs
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Bon
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Musique
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Bonne
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Emotion
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Sourire
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Pseudo :
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Nombre d'avis :1251
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Qui suis-je : Vétéran des sites d'opinions, j'ai pas mal louvoyé entre eux. Je sévis aussi par ailleurs sous le pseudonyme de madmike...
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