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Note :
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Titre : vibrant et révoltant
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Cry Freedom est un film fleuve, magistrale reconstitution d'une rencontre qui a bouleversé le destin d'un pays, comme seul Sir Richard Attenborough sait les filmer (n'est-ce pas, Ghandi).
Basé sur les livres de Donald Woods, "Biko" et un autre, il retrace donc la rencontre de ce journaliste blanc dans l'Afrique du Sud raciste de 1975, avec Steve Biko, noir, et leader du mouvement "Black People Convention", qui prône le droit pour les noirs de vivre décemment, à égalité avec les blancs, dans une Afrique du Sud harmonieuse, etc… considéré comme une menace pour le gouvernement afrikaner, qui veut le faire taire.
A l'image de Martin Luther King, ou du Malcolm X des années 60, Steve Biko sera assassiné. Je ne gâche pas la fin du film en vous disant ça (c'est dans les livres d'histoires), et puis cette amitié liant les deux hommes que tout oppose a priori ne constitue que la première moitié du film.
La deuxième partie retrace la fuite en exil de Donald Woods, avec sa famille, à cause de son livre "Biko", qu'il tient à publier, mais qui serait son billet direct pour la prison à vie, à côté de Mandela.
La description de la politique de l'apartheid telle qu'elle est amenée dans le film est édifiante. On voit souvent les photos de policiers lâchant leurs chien sur les noirs, mais les emprisonnements sans procès légalisés, les arrestations arbitraires, une police aux méthodes de GESTAPO, ça fait frémir.
Steve Biko est superbement interprété par Denzel Washington, qui ne pouvait pas mieux commencer sa carrière, et qui nous offre une interprétation sans faute, comme il fera ensuite sur Glory et Malcolm X, et même He Got Game. Et c'est vraiment l'un des tous meilleurs acteurs actuellement. Ce rôle lui a valu une nomination à l'Oscar du meilleur acteur, et il l'aurait amplement mérité.
Donald Woods est incarné par Kevin Kline, et il s'est rasé pour l'occasion. Il joue là l'un de ses plus beau rôle en date, et s'avère parfait dans ce rôle d'homme normal qui détient le pouvoir de changer le cours des choses, avec les doutes que cela accompagne. Un peu comme dans Malcolm X et JFK, on retrouve la famille qui souffre de voir son chef accaparé par une tâche qui va au-delà de l'individualité.
Attenborough réussi à mettre sa caméra au service du récit, et non pas l'inverse. Il s'efface devant un tel événement, qui n'a pas besoin de musique pompeuse (mais de beaux chants africains), et de scènes grandiloquemment lacrymales et sirupeuses pour nous émouvoir. Les acteurs et le récit, l'histoire vraie, suffisent à nous faire pleurer.
Seule déception: la version doublée française est ratée. La voix de Washington n'a rien à voir avec la vraie, et dans l'ensemble le doublage est de mauvaise qualité. A voir en VO donc (mais c'est toujours le cas).
En bref: plus qu'un film, un témoignage.
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