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Titre : dandy donneur de leçons sans fonds
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« Tout se vend », voilà comment nous entrons dans ce livre. Certes, tout se vend, et bien, comme en a témoigné 99 francs, objet d’une controverse médiatisée de ce début d’année. Voué à épingler un monde qui ment, qui cache des vérités toutes, pourtant, bonnes à dire, et écoule les produits néfastes de quelques industriels véreux à d’innocents consommateurs que nous sommes tous, le récit de Beigbeder n’est d’autre qu’une confession égocentrique d’un pourfendeur solitaire des vices publimaniac de notre société promise à une déchéance prochaine – sinon actuelle.
Longue tirade d’un dégoûté par la mascarade qui le détruit, Octave – puisque c’est le nom de Beigbeder -, concepteur rédacteur chez Larosse, alias Young & Rubicam, où l’auteur à servi pendant 10 ans, entreprend de décrire cette haine qu’il ressent, en même temps qu’il organise précautionneusement sa révolte interne. Ce n’est pas une révolte, mais une révolution, dirait le « créa », qui croit dur en sa rédemption anti-fabriquant de rêve.
Croisant la route de ce dandy nocturne et effronté, chez tous les personnages qui peuplent la galerie de confrères et âmes sœur d’Octave, on voit ce que ce monde là, des chefs de produits inhumains, des directeurs de société haïssables, une prostituée attendrissante, et tout ce qu’un roman de ce type comprend comme témoignage de la bassesse et de la fragilité humaine. Ce monde de la pub qui ressemble à un bureau de propagande nazie sans remords.
En parallèle de ce qu’on pourrait appeler un long cri ininterrompu contre le monde entier, se déroule une intrigue, qui, par ailleurs, finira mal, après le meurtre d’une vieille dame en Floride, pour ce cher Octave, alors même qu’on ne peut pas ne pas apprécier cet homme, tant la droiture, la vertu, semble l’emplir de part en part, malgré ses vices de cocaïnomane jeune et riche. Car bien sur, des bureaux de la proche banlieue, au soleil de Miami, les pérégrination de ce Patrick Bateman français nous mène doucement vers une fin annoncée. Perdant le peu de foi dans son métier qu’il avait encore, Octave dénigre de plus en plus ses associés et supérieurs hiérarchiques, divague dans sa vie et dans les lignes de son récit, perd ses reperd bancales, au profit d’un cynisme désespéré, très à la mode ces temps ci.
S’entremêlant même à la science-fiction, le récit nous fait découvrir une île perdue ou tous les gens trop connus ou trop fatigués, se séparent des sociétés oppressantes. Quelques hommes meurent puis réapparaissent, le complot se voit et se vérifie partout, entrecoupée de publicité introduisant chaque partie. Perpétuellement noyé par les malheurs de son âme, retourné sur ses doutes, ses problèmes, qui le confinent dans un mépris général, le narrateur, paranoïaque et désespéré, quitte au fil des pages, la personnalité de son auteur pour devenir un phantasme de celui-ci. Le récit autobiographique à peine romancé devient peu à peu fiction, et frise le délire sadique, jusqu’à un dénouement qui ressemble à un effondrement dans la folie pure.
Que dire de ce livre, si ce n’est qu’il est le symbole même de la fin des années 90. Allégorie d’une génération qui n’a plus à croire en quoi que ce soit, usé avant même la trentaine, revenu de tout sans y être allé, 99 francs à le mérite d’une certaine franchise. Certes les leçons de vie, les longues envolées lyriques sur la laideur de notre monde perdu dans sa suffisance, ont un air de déjà vu, déjà filmé, déjà vendu. Cependant, Le style de l’auteur, plaisant et actuel – c’est à dire qu’il écrit comme on parle -, et le talent incontestable qui ressort de cette description précise et incroyable de justesse du milieu publicitaire, laisse l’impression heureuse d’avoir passé un bon moment, faisant oublier les passages bancals d’une histoire qui n’arrive pas toujours à se rendre crédible.
La personnalité même de l’auteur, qui vendrait sans doute père et mère pour devenir le Desproges de notre ère, est un plaisir, car, bien que critiquable, il sait mord
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Qui suis-je : etudiant en commerce-communication, 19 ans, à Paris
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