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Palais de Tokyo    
 
Note :               
Titre : L'art sans la manière 00/00/00   
Pour vous, cet avis est :
Le Palais de Tokyo, après avoir eu des usages divers, vient d'être transformé en centre d'art contemporain. Je suis allé à son inauguration, l'avant-dernière semaine de janvier. On s'y pressait, foule et faune des avant-premières. Beaucoup de monde, pas vraiment populaire. Des filles comme on n'en voit que dans les magazines (tiens, je devrais aller plus souvent dans ce genre de manifestations), des garçons comme on n'en voit que dans le marais (euh, finalement, ce n'était peut-être pas une si bonne idée)... Les mobiles sonnent, d'improbables performeurs se livrent à une prestation dont on ne saura jamais si elle est programmée ou une tentative pitoyable pour se faire remarquer. Une jeune fille au look de Spice Girl se précipite sur une installation sollicitant la participation du spectateur et tague avec entrain le mur dédié. Un DJ médiatique mixe sans conviction, les spectateurs discutent malgré les décibels, pas un ne danse, sauf une jeune femme qui esquisse un pas avec sa fille échappée de la maternelle... Mais cette inauguration spécieuse ne sera bientôt qu'un souvenir, on oubliera lumières et flon-flons, ou plutôt boums-boums et néons. Voyons donc plutôt ce qui restera, le musée lui-même. Le premier objectif d'un musée est de présenter des oeuvres. Or ici leurs conditions de présentation sont absolument déplorables. On se croirait dans un chantier, murs lépreux, ossature métallique du plafond apparente. C'est peut-être un choix esthétique, cela a en tout cas été revendiqué comme tel, plus probablement cela résulte d'une contrainte économique. Mais cela nuit aux oeuvres exposées, l'idéal pour présenter des oeuvres modernes est la "white room" (salle blanche), salle dont la neutralité n'interagit pas avec l'oeuvre, c'est par exemple ce qui est mis en oeuvre à la Tate Modern, certainement le meilleur lieu muséal actuel pour l'art moderne. Ici au contraire la structure visible parasite la vision des oeuvres : un mur placé par un artiste paraît n'être plus qu'un morceau oublié du chantier, un trou dans un mur paraît voulu alors qu'il n'est là que par manque d'entretien, etc... De même les éclairages sont-ils affreux, des néons blafards qui écrasent impitoyablement les pièces. Certains trouveront sans doute que ce n'est pas trop grave pour des oeuvres contemporaines. Que nenni ! Cette présentation les dessert, et c'est un acte de mépris de la part des responsables, comme si l'art contemporain était un sous-art pour lequel point n'est besoin de faire un effort d'éclairage. La remarque vaut aussi pour les cartels, simples feuilles typographiées, aux caractères trop petits pour être lisibles dans de bonnes conditions de confort. Passons maintenant à l'intendance. Les toilettes ? Seulement au sous-sol, ce qui vous obligera à de longues volées d'escalier pour satisfaire un besoin pressant. L'accessibilité ? Seulement pour les personnes en bonne santé, le sous-sol et l'étage ne sont desservis que par escaliers. La boutique ? Une vague librairie exposant des livres d'art sans rapport particulier avec le musée, rien qui concerne le lieu. La restauration ? Seuls les tarifs ont du standing, sinon c'est chaises en plastique et table commune. Bref ce musée qui devrait être un lieu de mise en valeur de l'art contemporain en donne une bien piètre image, ce n'est pas avec ce genre d'initiatives que l'on va ouvrir l'art contemporain à un vaste public... Mais était-il nécessaire ? Paris comporte déjà deux musées d'art moderne (Musée National à Beaubourg, Musée de la Ville de Paris au palais de Tokyo) présentant collections permanentes et expositions et une galerie dédiée aux expositions (Galerie Nationale du Jeu de Paume), soit trois lieux institutionnels. Londres, métropole on ne peut plus active en ce domaine, se contente d'un musée (Tate Modern) et de deux galeries (Hayward Gallery, Barbican Gallery), soit trois lieux institutionnels. New York, qui fut le centre du monde artistique, vit très bien avec un musée (le MOMA) et deux galeries (Gugenheim, Whitney). Là encore on retrouve cette règle de trois ! Tout se passe comme si trois lieux d'envergure était le maximum pour une ville donnée et le Palais de Tokyo - Centre National d'Art Contemporain (ouf) est sans doute le lieu de trop, institution surnuméraire à la vocation imprécise et aux crédits insuffisants, vouée sans doute à sombrer rapidement dans l'indifférence passé la curiosité initiale...
 
 
Richesse de la collection Moyenne 
Exposition des pièces Mauvaise 
Présentation, explications Mauvaises 
Organisation de la visite Moyenne 
Etat de préservation Moyen 
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Rédacteur
Pseudo : madmark
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Qui suis-je :
Vétéran des sites d'opinions, j'ai pas mal louvoyé entre eux. Je sévis aussi par ailleurs sous le pseudonyme de madmike...
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