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De Delacroix à Renoi    
 
Note :               
Titre : L'IMA, c'est pas le Pérou 00/00/00   
Pour vous, cet avis est :
L'année de l'Algérie a donné lieu à de nombreuses manifestations culturelles. A côté de nombreux concerts et autres festivals, quelques expositions ont été organisées, souvent assez mineures. L'une d'elle sort du lot, une rétrospective picturale intitulée "De Delacroix à Renoir", proposée à l'Institut du Monde Arabe. 1830. Louis-Philippe Ier, roi des Français, envoie ses troupes à la conquête de l'Algérie. L'aventure militaire est l'occasion de donner une légitimité au régime nouvellement installé, et de consolider son trône obtenu au détriment de la branche légitime des Bourbons. La nouvelle colonie sera pacifiée patiemment, jusqu'à ce que la capture d'Abd-el-Kader mette fin à la résistance organisée. L'Algérie était proche. Il suffisait de traverser la Méditerranée pour y trouver un Orient accessible, un exotisme de première main, au lieu de se contenter de récits de voyage plus ou moins fiables. De nombreux peintres firent donc des séjours plus ou moins longs dans cette France d'outre-mer, certains s'y fixèrent même définitivement. Leurs toiles étaient régulièrement présentées dans les salons, ce lieu central du marché artistique du XIXème siècle, et trouvaient facilement preneur... L'exposition balaye le XIXème siècle. Les premières toiles sont immédiatement postérieures à la conquête, dans les années 1830, les dernières sont au contraire de la fin du siècle. L'ensemble est présenté en continuité, mais je crois que l'on peut distinguer trois groupes parmi les nombreux peintres présentés. 1. Le romantisme. Les années 1830 furent l'apogée du mouvement romantique, aussi bien en littérature avec l'avènement d'Hugo qu'en peinture. Eugène Delacroix, le chef de file des jeunes peintres, fut l'un des premiers à faire le voyage en Algérie, en ramenant ses célèbres "Femmes d'Alger dans leur appartement" (1834, Musée du Louvre, Paris), malheureusement absentes de l'exposition, et le peintre n'est ici présenté qu'à travers une réplique inférieure de cette oeuvre célèbre et quelques études mineures. Théodore Chassériau lui succèda outre-Méditerrannée afin de peindre un spectaculaire portrait équestre du khalifat Ali Ben Hamet. Là encore cette toile remarquable n'est pas présentée (elle l'avait été au Grand Palais dans la rétrospective de 2002), mais le peintre est néanmoins mieux servi, avec une belle série de toiles, souvent des petits formats, charmants tableautins. 2. L'orientalisme. Le genre exotique était porteur, les toiles se vendaient facilement auprès des amateurs, et beaucoup de peintres se spécialisèrent dans cette veine. L'on a souvent tendance à présenter l'orientalisme comme une école, comme l'un de ces "ismes" qui peuplent les histoires de l'art, le panel réuni dans cette exposition fait justice de cette vision simpliste, en montrant combien pouvaient être différents les peintres en question. L'orientalisme s'y révèle comme un genre, abordé par des peintres d'horizons différents. Emmanuel Philippoteaux est parfaitement académique, et ses "Femmes mauresques d'Alger dans leur appartement" (1846, collection privée) sont exécutées avec une précision méticuleuse, un soin digne des Leighton ou Cabanel, ce qui n'évite pas l'ambiguïté du regard qu'échangent les deux femmes, une note audacieuse qui devait titiller les amateurs de l'époque. Alexis Girardet donne lui des petites scènes de genre charmantes, tel son "Café arabe" (1886, Musée d'Orsay), fantaisies dans la lignée des tableautins nostalgiques d'un Meissonnier. Adrien Dauzats traite l'Algérie en paysagiste classique, et "La porte d'Alger à Blidah" (v 1840-48) ne diffère des paysages urbains parisiens que par le soleil et l'exotisme des constructions et protagonistes. Les salles regorgent ainsi des toiles de ces inconnus souvent talentueux, qu'une vision un peu trop univoque de l'histoire de l'art a relégué dans un oubli immérité, et elle permet des découvertes bien plaisantes. 3. L'impressionnisme. Les impressionnistes se tour
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Rédacteur
Pseudo : madmark
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Vétéran des sites d'opinions, j'ai pas mal louvoyé entre eux. Je sévis aussi par ailleurs sous le pseudonyme de madmike...
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